Le Tricotin – Antoinette Becq, Nicolas Froment et Jean-Jacques Manicourt

8 juillet 2026

L’ASBL « Le Tricotin » a été fondée en 2017 par celui qui en a eu l’initiative, Jean-Jacques Manicourt, avec quelques collègues travaillant avec lui au Courtil auprès d’enfants autistes et/ou présentant des troubles psychiques.

Elle offre un temps, un lieu de répit et d’apaisement, un espace ludique, inventif et particularisé pour des enfants qui ne trouvent pas à s’intégrer dans un circuit de loisirs classique. Les enfants peuvent, au cours d’ateliers (musique, chant, peinture, bricolages, informatique, jeux divers, etc.), trouver à agrandir leur monde avec des inventions singulières.

Les arrivées et les départs sont aussi l’occasion de rencontres informelles avec les parents pendant lesquelles ils nous permettent de mieux connaître leur enfant.

En septembre, pour la reprise des activités après les grandes vacances, un goûter festif est organisé. Il permet de renforcer les liens et de favoriser les échanges avec les parents, les familles et les amis du Tricotin.

Depuis deux ans, des journées spéciales sont également proposées durant les périodes de vacances scolaires, par exemple à la piscine ou dans un centre équestre.

Trois à quatre réunions cliniques sont programmées au cours de l’année afin de permettre un temps d’élaboration clinique et d’orienter l’accompagnement des enfants et les échanges avec les parents. Un compte-rendu est chaque fois rédigé.

L’ensemble des activités demande donc un peu d’organisation. Elle est assurée par une équipe de coordination constituée par Antoinette Becq, Nicolas Froment et Jean-Jacques Manicourt. Soutenus par les membres du bureau, ils assurent les tâches liées à l’administratif, à la recherche financière, au contact avec les parents, et à l’organisation des après-midis, des réunions et de la messagerie.

Les activités se déroulent dans des locaux gracieusement prêtés par Le Courtil. En fonction des disponibilités, les enfants sont accueillis deux ou trois samedis par mois, de 14h à 16h30, par des bénévoles. Ceux-ci viennent d’horizons divers. Certains sont des stagiaires en formation, d’autres sont des professionnels expérimentés. Ils ont en commun le goût de la rencontre avec des enfants différents. 

Au Tricotin, on s’amuse, on se débrouille avec le désir et les activités, les jeux et les créations des enfants qui nous enseignent.

Ainsi, D., 16 ans, vient depuis un an. La crainte d’une crise d’épilepsie qui l’obligeait à porter un casque est tombée. Bien qu’il faille rester prudent face à ce nouveau pas, le gain n’est pas négligeable. Cela a des conséquences sur l’angoisse de D., beaucoup plus libre de ses mouvements, tout autant que pour ses parents.

K., 6 ans, voit l’arrivée au domicile familial d’un nouveau compagnon de la maman. C’est nouveau ! Il semble toujours apprécier les activités au Tricotin qui lui permettent de travailler sa place ! Il vient raconter d’ailleurs son travail qu’il effectue dans d’autres institutions.

  1. est le plus ancien des enfants du Tricotin. À l’aube de sa majorité, il chante merveilleusement bien et n’hésite pas à donner de la voix, et quelle voix ! Avec celle-ci, il semble se détourner progressivement de l’ordinateur. Affaire à suivre ! Nous avons appris récemment que B. exige depuis 2018 de porter toujours la même paire de chaussures pour se rendre au Tricotin et a pleuré pour la première fois de son existence (comme nous le rapporte sa maman) quand il a appris que le Tricotin était exceptionnellement fermé un samedi.

L’agitation de E. est certainement ce qui pourrait angoisser le plus les bénévoles. Cependant, il semble qu’au fur et à mesure, et c’est une grande surprise, E., dans un aller et retour avec l’Autre, trouve à s’occuper avec les restes, et ça devient apaisant ! Accompagné discrètement, E. crée un circuit qui va de l’Un à l’Autre !

Le dynamisme de A., 5 ans, qui vient depuis maintenant une bonne année, lui a permis de s’intégrer facilement. L’équitation était une occasion nouvelle pour A. d’en passer par l’Autre et ce n’est pas sans effet puisqu’elle est aujourd’hui plus apaisée et les parents aussi.

Enfin, S., qui vient maintenant depuis de nombreuses années, trouve, au travers de son travail avec les mandalas et ses créations, à formuler une demande qui en passe par l’Autre également. Ça avance !

Pour tous ces enfants, au fil des mois et des années, le Tricotin semble être devenu leur lieu, ils y ont leurs habitudes, ils sont au(x) rendez-vous.

En conclusion, au Tricotin la vie SUR-GIT, la vie RU-GIT parfois aussi ! Mais avant tout, la vie UR-GIT ! Oui ! La vie ça UR-GIT !

Pour le Tricotin, Antoinette Becq, Nicolas Froment et Jean-Jacques Manicourt